Comment survivre en soirée BDSM

 

…Quand on est un chaton tout mignon.

Jane The Virgin   (2014-…) avec Gina Rodriguez, Justin Baldoni, Brett Dier …

Jane The Virgin (2014-…) avec Gina Rodriguez, Justin Baldoni, Brett Dier …

Alors comme vous le savez tous, en soirée BDSM... Non je déconne. Je pose le décor - parce que bon c'est pas tous les dimanches matins après l'église qu'on assiste à ce genre de soirée - j'étais en vacances à Londres, et à notre humble connaissance, nous avions pris des tickets pour une soirée cabaret. “Chouette !” me dis-je, j’adore découvrir de nouvelles choses, et le burlesque était sur ma liste depuis longtemps.

Mon acolyte, nommons là BFF pour les besoins de l'histoire, avait pressenti le traquenard. Moi pas du tout, je pataugeais innocemment en pleine candeur, si enthousiaste que la date coïncide avec mon passage en Angleterre, quelle cadeau du destin ! La blague. Je m’étais fait toute une image dans ma tête : je voyais une salle de concert, une bougie sur chaque table, tout le monde sur son trente-et-un, une ambiance jazz un peu festive et peut-être même un effeuillage à la Dita Von Tees ! Alors on se prépare, on s'habille, on se paillette, mais j'appréhende quand même qu'on ne soit pas assez habiller pour l'événement. Et puis finalement, on reçoit l'adresse, par mail, 2h avant - là j'aurais dû tilter - et c'était parti !

On arrive… on montre nos billets… on passe les portes… on regarde autour de nous… petit moment de flottement, et finalement ma BFF finit par lâcher : "tu vois le problème finalement, c'est qu'on est TROP habillées."

Et c’était vrai. Tout le monde était à poil. Enfin… y avait quand même quelques filets par-ci par-là, un peu de cuir là-dedans, du latex qui sort par là-dessus. Bref, bienvenue dans un véritable donjon du plaisir et de la douleur - et dans mon cas, du malaise. On a beau en avoir entendu parler, et rigolé nerveusement devant le reportage de la Fistinière quand on était gamins, rien ne saurait traduire la véritable ambiance qui règne dans ce genre d'endroit...

Une fois la stupeur passée, je m’entends dire naïvement “peut-être que le spectacle sera sympa...”. Ah l’optimisme, qu’est-ce que c’est con parfois. Parce que non, le show n’était pas du tout friendly. Je vous la fait courte, mais une nana en costume vaudou se plantait de grandes aiguilles dans la peau du bras, et s’essuyait le sang sur sa poitrine. À ce moment-là, je n’avais qu’envie, c’était d’éteindre la musique, de la faire descendre de scène, de lui mettre des pansements Hello Kitty et de l’envelopper dans un plaid pilou-pilou avec un chocolat chaud et des marshmallows nounours qui flottent en souriant, et de lui demander de me parler de sa mère.

Moralité : on ne se refait pas. J’ai passé le reste de la soirée à mener mon enquête sur les phénomènes psychosociaux liés aux orientations sexuelles… excentriques. Mais bon, quand un mec commençait à pisser le sang à force de se faire fouetter dans le noir, on s’est dit que le moment était peut-être venu de partir. Bref, si un jour ta meuf te fait chier avec toutes ces conneries de Fifty Shades of Grey de mes cou*lles, emmène la faire un tour dans la cour des grands.

Après une telle croisade, on dit bienvenue au missionnaire.